Alain Puget, fondateur et dirigeant d’Alkemi Games à Nantes

Alain Puget est le fondateur et dirigeant d’Alkemi, studio nantais de jeu vidéo. Il nous présente son entreprise, sa stratégie de développement et partage son retour d’expérience :

Quelles sont les actualités du studio et les projets en cours ?

Alkemi est un petit studio de jeu indépendant basé à Nantes. Fondé en 2009 à 2, l’équipe est aujourd’hui composée de 5 personnes. L’originalité du studio est son mode d’auto-financement basé sur l’offre d’une prestation de service à des agences de communications web, ce qui assure une bonne stabilité économique à la structure malgré les aléas du marché du jeu vidéo.
Après quelques petits projets de jeux gratuits, Alkemi sort son premier titre commercial Transcripted sur PC et Mac en septembre 2012. L’équipe travaille actuellement sur un projet bien plus ambitieux pour 2015 : DriftingLands. Un mélange original de Shoot’em’up et de Hack & Slash. En quelque sorte, le fils illégitime de Diablo et R-Type. DriftingLands est déjà accessible sous forme d’une version alpha publique et gratuite disponible sur Steam pour PC.

Quelle est la stratégie de développement d’Alkemi ?

L’ambition d’Alkemi est de développer des jeux pour PC, Mac ou consoles, plutôt orientés vers la cible des hardcore gamers et dont le cycle de développement peut être assuré en 1 à 2 ans par une petite équipe. Nous cherchons à produire des jeux originaux, notamment par des mélanges inédits de concepts classiques, mais aussi des jeux de la qualité la plus élevée possible malgré des moyens de productions limités. Notre cible est bien entendu internationale mais nous préférons nous consacrer au marché et aux catégories de jeux que nous préférons en tant que joueurs, c’est à dire plutôt les marchés PC ou éventuellement consoles sans envie très marquée de cibler le marché mobile.

D’après toi, quels sont les facteurs clés de succès d’un jeu ?

Pour fonctionner un jeu doit aujourd’hui être très bon (ou très original) ET bénéficier d’une communication efficace. Devant le nombre de jeux produits et distribués sur les principales plateformes, il est indispensable de ne viser rien de moins que l’excellence quand on est un petit acteur. Le marché et les prix pratiqués étant ce qu’ils sont aujourd’hui, c’est le seul moyen de pouvoir rentabiliser une activité très coûteuse. La communication est également capitale puisque même très bon, un jeu ne se vendra pas s’il ne fait pas parler de lui. Et au départ, il n’y a que les développeurs (ou les éditeurs) pour parler de leur jeu et le rendre plus intéressant aux yeux du public que la concurrence pléthorique…

Quels seraient tes 5 conseils à un créateur de jeu vidéo ?

1. Avoir un plan B à la création de jeu vidéo pour le vivre sereinement et ne pas y perdre la santé
2. Eviter de brader ses créations en jouant trop le jeu des promos, des bundles et des prix du marché mobiles low cost mais aussi…
3. Eviter de céder aux sirènes du free2play qui a de rares exceptions mènent jusqu’ici à une large majorité de produit à l’éthique douteuse.
4. Ne pas négliger la communication autour de son jeu et commencer à la préparer bien avant la fin de la production
5. (A cause de notre expérience malheureuse avec un éditeur) Ne bosser qu’avec des gens avec qui la confiance est totale, un contrat même bien rédigé ne protège quasiment pas les petites sociétés.